Karine Reuter, cinq ans déjà

Karine Reuter, cinq ans déjà

En devenant présidente du Racing Union Lëtzebuerg en mars 2016, Karine Reuter ne s’imaginait pas vivre un quinquennat aussi mouvementé. Entre les joies d’une victoire en Coupe du Luxembourg et les aléas d’une crise sanitaire qui ne cessent de perturber le développement du club, la présidente du Racing n’a pas ménagé ses efforts pour ramener le club de la capitale parmi les clubs qui comptent dans le paysage footballistique du Grand Duché. Cinq bougies que Karine Reuter souffle pour nous. Entretien.

16 mars 2016. Au lendemain de sa démission de la présidence du FC Rodange 91, Karine Reuter était nommée à la tête du Racing Union Lëtzebuerg, devenant ainsi la première femme à la tête du club de la capitale. Une éclaircie dans le ciel du Racing. « Mon arrivée au Racing FC, c’est d’abord une histoire de rencontres puisque j’ai été démarchée pour prendre la tête du club, sourit Karine Reuter, notaire au Luxembourg dans la vie civile. C’était une démarche un peu extraordinaire car j’ai été le premier transfert de président du football luxembourgeois. Le club cherchait un nouveau président et ils ont pensé à moi pour remplir cette fonction. » Une prise de fonction compliquée que Karine Reuter ne regrette pas du tout. « Ce n’est pas difficile en soi d’être présidente du Racing, il y a des challenges à relever. Au contraire, je suis heureuse d’avoir accepté ce défi. » Cinq ans plus tard, l’heure du premier bilan du quinquennat de Karine Reuter est arrivé. « Si à l’époque, j’avais su ce que j’ai appris par la suite, je ne sais pas si j’aurais dit oui (rires). Mais, dans un autre sens, je suis fière d’avoir accepté de prendre ce poste et le bilan est d’autant plus positif que la santé financière du club est en bien meilleure forme que lors de mon arrivée. » Un quinquennat marqué par un trophée, et non des moindres, la victoire en Coupe du Luxembourg en 2018. « La sensation qu’on a tous ressentie au moment de cette victoire en coupe, en tant qu’équipe, avec le coach de l’époque, Patrick Grettnich, cela a créé une communauté et un feeling qui seront difficiles à égaler par la suite. Après 25 ans, on a fait revenir la coupe à Luxembourg, et je pense que c’est l’événement le plus extraordinaire depuis mon arrivée. » Une victoire acquise après un beau parcours et les qualifications obtenues à Esch, contre la Jeunesse en 1/8e de finale, à Pétange en quart et contre Differdange en demi-finale. Lors de la finale, le Racing aura dû attendre la séance de tirs au but pour s’adjuger le trophée face à Hostert (0-0). Une séance de tirs au but que la présidente du Racing n’a évidemment pas oubliée. « Je ne regardais que les tirs au but adverses, se remémore Karine Reuter, sourire aux lèvres. Je n’osais pas regarder nos tirs et quand Julien Jahier, notre dernier tireur, a inscrit le dernier but, j’ai su que l’on avait gagné quand tout le monde m’a sauté dans les bras (sourire). J’ai revu le but à la télévision par la suite (rires). » 

« Plus de bénévoles, plus de monde au stade, c’est mon souhait »

Depuis plus de quatre ans maintenant, sous l’impulsion de Karine Reuter et du directeur de l’Académie, Vivian Reydel, le Racing a mis l’accent sur les jeunes et le développement de son Académie, devenue une référence dans le pays. « Je me souviens que lorsque j’ai repris, la priorité était de maintenir l’équipe première en BGL Ligue. Mais mon objectif était aussi et surtout de refonder l’Académie. Nous étions à la recherche d’un directeur et lorsque j’ai rencontré Vivian Reydel, notre échange sur le projet de l’Académie était très constructif et je pense que ces quatre années ont été très positives. Nous pouvons être fiers du niveau actuel de notre formation, qui doit être notre axe de travail prioritaire dans les années à venir. » Un avenir sous le signe de la formation, l’ADN du club depuis plusieurs années. « Quand on voit où en est notre Académie et en comparaison avec celles des autres clubs luxembourgeois, il y a un monde d’écart. Nous avons vraiment une Académie de grande qualité. Cependant, le constat que l’on a fait, c’est que l’on a un peu hésité à promouvoir encore plus les jeunes dans notre équipe sénior. On ne fait pas assez participer nos jeunes joueurs de 16, 17 ou 18 ans avec l’équipe BGL, je pense que c’est un point que l’on doit changer dans le futur, d’ailleurs nous y travaillons déjà. » Nommée présidente de la Ligue luxembourgeoise de football (LFL) l’été dernier, Karine Reuter doit aussi composer avec d’autres missions essentielles dans le développement du football au Grand Duché. « Ce n’est pas une mission facile mais c’est un autre défi intéressant. Il faut trouver des conciliations avec le collège des clubs de BGL sur différentes propositions et malgré le ralentissement des projets en raison de la crise sanitaire, je pense que l’on parvient doucement à faire bouger les choses. Nous avons tous hâtes d’en finir avec cette situation sanitaire très compliquée. » Alors que le Racing s’est dernièrement rapproché du haut de tableau en BGL et que les Dames caracolent en tête du championnat de D1 Dames, Karine Reuter a d’autres souhaits au moment de souffler ses cinq bougies à la tête du club. « Nous sommes parvenus au niveau que l’on souhaitait, surtout en matière de formation, depuis mon arrivée. J’aimerais cependant avoir plus de bénévoles, attirer plus de monde au stade pour les matchs quand les restrictions seront levées, mais je dois vous avouer que je suis assez contente de notre club. » Happy Birthday Ms President.